La BCE a décidé de racheter les dettes publiques souveraines des Etats européens, afin de relancer la croissance en Europe. Même si on attend les résultats de cette politique sur le long terme, le montant racheté par la Banque Centrale jusqu’à présent est déjà connu.

La BCE a racheté jusqu’à 9.8 milliards d’euros de dettes en seulement trois jours. C’est du moins ce que précise Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE ; à l’occasion d’un colloque sur la Finance organisé à Paris. Ce dernier assure aussi que cette politique met la BCE sur la bonne voie, et augure de résultats probants sur l’avenir.

A terme, la banque voudrait atteindre un volume de 60 milliards d’euros de rachat mensuels dans le cadre du fameux programme d’assouplissement quantitatif (on parle encore de Quantitative easing ou QE). Manifestement, cette politique se traduit dans les faits par le rachat en masse des obligations d’Etat. Le programme total de rachat frise la somme astronomique de 1 140 milliards d’euros pour tout le continent.

L’impact sur les investisseurs

En rachetant massivement les dettes souveraines, la BCE pousse les investisseurs à acquérir des actifs plus risqués. Cette politique permet notamment d’investir sur les actions. D’ailleurs, on a noté que depuis le début de l’effectivité du rachat, le CAC 40 a touché les 5 000 points en séance.

Autre conséquence directe : le lancement de ce programme a fait grimper les prix des obligations d’Etat, tout en abaissant leur rendement. Il faut rappeler en effet que celui-ci évolue à l’inverse de la demande. Mercredi dernier par exemple, le rendement des OAT françaises a atteint son plus bas niveau historique à 0,459%. Celui des Bund allemands est passé sous 0,2%.

Sur le marché des devises, les conséquences de cette politique de rachat sont plutôt évidentes : par exemple, le cours de l’Euro a atteint son plus bas niveau depuis la fin du mois de mars 2003 : 1,0511 dollar seulement (sans compter les conséquences de la décision de la BNS au mois de Janvier). Cette baisse n’est pas catastrophique pour la BCE, qui pense qu’elle sera favorable aux exportateurs européens. Pour parvenir à ces fins, elle a même augmenté la quantité d’euros en circulation dans l’espace européen.

Moins de doutes au final

Des doutes ont été émis sur la capacité de la BCE à capter ces dettes. M. Coeuré a jugé que jusqu’ici, les craintes étaient largement infondées. Au demeurant, les rachats en masse montrent qu’il ne faut pas sous-estimer la capacité du marché à proposer des actifs susceptibles de profiter à une banque centrale.

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